écouter son corps

Écouter son corps et vivre à son rythme

Le petit déj’, c’est obligatoire. Le sport, c’est le matin sinon rien. Le sommeil, c’est une bonne nuit de huit heures… Et si ces rythmes imposés ne vous convenaient pas ? Et si on se mettait à écouter son corps ? Tout simplement.

Je m’abonne à Slowly Veggie!

Et mon petit déjeuner ? Suffit-il d’ écouter son corps ?

Le soleil vient de se lever, encore une belle journée… Il faut prendre ton petit déjeuner. » C’est le conseil qu’aurait pu donner la célèbre chanson de l’ami Ricoré, tant le petit déj’ est aujourd’hui hautement recommandé dans le cadre d’une alimentation « équilibrée ». Mais s’il est vrai que notre organisme ne cesse jamais de fonctionner et qu’il a besoin de se nourrir après une nuit de jeûne, il n’en demeure pas moins que nous ne sommes pas tous égaux face à l’appétit.

Nombre d’entre nous se passent très bien du petit déjeuner et ne ressentent pas pour autant de fatigue physique ou de baisse de concentration. Alors, faut-il se forcer à manger le matin, si l’on n’a pas faim ? « Surtout pas, s’insurge le Dr Jean-Philippe Zermati, nutritionniste et psychothérapeute cognitivo-comportementaliste. Tout comme on ne peut pas dire aux gens d’aller se coucher à 22 h pour préserver leur santé, on ne peut pas non plus leur imposer de manger coûte que coûte le matin si leur organisme n’en exprime pas le besoin.

Un corps, ça parle, ça exprime des sensations alimentaires. Il est donc utile d’ écouter son corps : le forcer à manger alors qu’il transmet une info indiquant qu’il n’a besoin de rien, cela revient à ne pas tenir compte de ces sensations. Et manger lorsque l’on n’a pas faim, c’est justement ça qui fait grossir : pour certaines personnes sans appétit au réveil, une tartine et un yaourt, c’est déjà trop… »

Alors, si manger au lever vous rebute et que deux tartines représentent pour vous un menu imposant, inutile de vous forcer à avaler un petit déjeuner sous prétexte que c’est bon pour la santé. Écoutez vos sensations, et si un creux dans l’estomac se manifeste vers 9 h ou 10 h, adaptez les quantités de nourriture de votre collation à votre faim, ni plus, ni moins.


Lire aussi : Mon rituel beauté au quotidien


Dormir au moins 8 heures, c’est vraiment mieux ? 

Depuis longtemps, comme celle des animaux, notre vie est rythmée par le cycle solaire.

Si nous réagissons tous à la lumière du jour qui nous éveille progressivement dès l’aube, nous sommes également régis par deux grandes horloges : celle du matin avec nos reins qui sécrètent du cortisol, l’hormone du stress, et celle du soir avec notre cerveau qui produit la mélatonine nécessaire à l’endormissement. Pour autant, nous ne fonctionnons pas tous comme des robots bien réglés : si pour chacun d’entre nous, l’organisation des cycles de sommeil durant la nuit est identique, nos besoins, eux, sont strictement personnels et correspondent à la quantité de sommeil minimale nécessaire pour se sentir en forme le lendemain.

Variant selon les individus, elle est génétiquement déterminée mais fonctionne aussi avec nos rythmes biologiques, personnels, professionnels, culturels et selon notre hérédité, notre âge, nos conditions de vie… La meilleure façon pour évaluer votre besoin de sommeil, c’est d’observer votre rythme lorsque vous êtes en vacances, hors des contraintes horaires. Écouter son corps, c’est aussi écouter son sommeil

Et donc, comment gérer son sommeil ?

Passés quelques jours où vous risquez de dormir plus pour récupérer votre dette de sommeil, vous allez remarquer que vous vous endormez et vous réveillez à peu près à la même heure chaque jour. Si vous vous sentez en bonne forme durant la journée, c’est que vous avez trouvé votre durée de sommeil idéale. Celle vers laquelle il faudra tendre une fois reprise votre vie trépidante, soit entre 6 h 30 et 8 h par nuit pour 85 % des Français…

Bouger, c’est mieux le matin que le soir ?

En fonction de notre biorythme et des différents pics de vigilance de notre organisme, les capacités physiques de notre corps fluctuent au fil de la journée. Ainsi, certaines heures sont plus favorables pour se dépenser et certains sports seraient plus adaptés à une pratique le matin, le midi ou le soir.

  • Vous êtes du matin ?

Entre 7 h et 11 h, c’est le créneau idéal pour les sports d’endurance comme la course à pied, la natation, la marche active, le vélo de route… Mais surtout pour les activités physiques « techniques » comme les sports de combat, le tennis, la danse, le golf… qui sollicitent à la fois le corps, la mémoire et la capacité d’analyse de notre cerveau. Notre psychomotricité étant alors au sommet, il est plus facile de mémoriser les mouvements, leursenchaînements et de les exécuter avec la concentration et la vigilance qui s’imposent.

  • Vous avez la pêche le midi ?

Vigilance et performance étant à cette heure-ci en phase descendante, privilégiez les sports de plein air pour profiter d’une luminosité maximale qui réveille ! Oui au roller, au jogging, au vélo, à la marche active. En s’oxygénant à la mi-journée, on fait le plein d’énergie pour tenir jusqu’au soir.

  • Vous êtes du soir ?

Mieux vaut bouger entre 17 h et 19 h car, au-delà, la température corporelle baisse, la vigilance fait de même car l’organisme se prépare doucement au sommeil. Préférez les activités d’aérobie (vélo, marche nordique, natation…), de coordination (danse, gym, aquagym…), d’étirements (stretching, qi gong, pilates, yoga…), suivies d’une séance de relaxation de 10 à 15 min, d’un bain ou d’une douche tiède, et espacez de 4 heures votre séance de sport et le moment de vous glisser dans vos draps.

L’horloge biologique , késako ?

Ce réseau de cellules nerveuses qui orchestre les fonctions de notre organisme est situé dans l’hypothalamus, au cœur du cerveau.

Son rôle ? Réguler notre rythme biologique sur une moyenne de 24 heures et 18 minutes, sachant que nous n’avons pas tous le même. Un quart d’entre nous a une horloge biologique plus courte (moins de 24 heures), les couche-tôt qui dorment en moyenne aussi longtemps que les couche-tard mais qui se réveillent plus tôt. Le secret donc ? Écouter son corps


Lire aussi : L’été indien me fait du bien !


Le Docteur Zermati dégomme 4 idées reçues

  • Enfants et adolescents ne doivent pas partir à l’école avec rien dans le ventre.

« Les enfants sont souvent plus à l’écoute de leurs sensations de faim que les adultes, et en général, ils les respectent ! Ainsi, lorsqu’ils n’ont plus d’appétit, ils repoussent leur assiette, alors que nous, adultes, avons plutôt tendance à la finir malgré tout. Un enfant ou un ado peut donc partir à l’école sans manger s’il n’en ressent pas le besoin, puis sortir un en-cas de son cartable durant la pause matinale. Je fais partie de ceux qui regrettent la suppression de la collation dans les écoles : cela permettait à ceux qui ne pouvaient rien avaler au réveil par manque d’appétit, ou parfois de temps, de se rattraper pour rester en forme jusqu’au déjeuner. Aujourd’hui, certains doivent se cacher pour grignoter un fruit ou une barre de céréales : quel dommage ! ». La solution ? Écouter son corps. 

  • Prendre un petit déjeuner, c’est essentiel quand on fait beaucoup de sport.

« Longtemps au contact de sportifs de haut niveau, j’ai constaté des comportements très différents quant à la prise ou non d’un petit déjeuner. Certains marathoniens ou cyclistes entamaient leur course avec un simple jus d’orange dans le ventre, d’autres entraient dans la compétition après une solide collation. Eh bien aucun ne tombait comme une mouche au bout de quelques kilomètres ! Tous allaient sans problème au bout de leur effort en étant simplement dans le respect de leur rythme propre et de leurs besoins. »

  • Sauter le petit déjeuner, c’est sauter le repas le plus important de la journée.

« Si l’on n’a pas faim, on ne saute pas de repas puisque l’on n’en a pas besoin ! Nous devons être à l’écoute de nos sensations de faim, et ce sont elles qui doivent nous conduire à manger. Pas faim le matin ou pas faim le soir ? Qu’importe au fond tant que notre corps n’en manifeste pas le besoin et qu’on ne le prive de rien au moment où il réclame à manger. »

  • Si l’on ne prend pas de petit déjeuner ou si l’on fait de trop gros repas le soir, on grossit.

« Faux ! Aucune étude sérieuse n’en a apporté la preuve à ce jour. On a même observé que parfois, en imposant un petit déjeuner à des gens qui n’en prenaient pas jusque-là, cela pouvait aggraver leur obésité. Et les Espagnols qui ont tendance à prendre de gros repas le soir ou les gens qui font le ramadan ne sont en moyenne pas plus gros que les autres. »

Écouter son corps et être à l’écoute de son propre rythme !

1. Je prends mon temps.

Le maître mot dans cette société où tout nous pousse sans cesse à courir après les aiguilles de la montre : prendre son temps pour réfléchir, décider, agir.

L’exercice :  Essayez de ne pas répondre séance tenante à toutes les demandes (enfants, conjoint, collègues) et de ne pas chercher à tout obtenir immédiatement.

2. J’essaie de vivre l’instant présent.

Plus facile à dire qu’à faire ? Oui, mais… Vous pouvez tendre vers cette faculté par petites touches. 

L’exercice :  Cassez le rythme de votre journée en vous offrant des petits moments de calme à apprécier dans l’instant : une courte promenade en solitaire, un peu de méditation dans votre bureau (appli Mind sur Android et iOS), ou quelques respirations profondes sur une musique apaisante (appli Relaxmelodies sur Android et iOS).

3. Je pense « et moi, et moi, et moi! ».

Oui, il y a le travail, les enfants, les activités, les impondérables… Mais il y a aussi vous!

L’exercice :  Notez sur une semaine le temps que vous vous êtes octroyé, rien que pour vous. « Nada »? Un chouïa? Corrigez le tir la semaine suivante en programmant un massage, un ciné, une lecture au soleil… Bref, en vous faisant plaisir!

Texte : Nadège Cartier


Cet article vous a plu ? Découvrez le magazine Slowly Veggie, son application iOS et android