boissons végétales

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Placées au rayon « lait » des supermarchés, ces boissons végétales se revendiquent comme étant l’alternative no 1 au lait de vache dans de nombreuses recettes. Mais qu’en est-il de leurs qualités nutritives ? Décryptage.

D’un blanc crémeux très proche de celui du lait, les boissons végétales * sont confectionnées à partir de graines et de fruits oléagineux (amande, noisette, noix de macadamia, graines de soja…), de fruits exotiques (noix de coco), de céréales (avoine, épeautre, riz…) et même de chanvre.

Elles viennent concurrencer le marché très fermé de l’industrie laitière et, en France, leur consommation ne cesse de progresser. Des choix motivés par conviction éthique – celle des végans – ou pour des raisons de santé, les cas d’intolérance ou d’allergie au lactose ou à la protéine de lait (la caséine) étant fréquents.


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Un véritable substitut au lait de vache ?

La consommation du lait a été encou­ragée dans les années 1950. À cette époque, dans le cadre d’une campagne de lutte contre l’alcoolisme, la petite brique fait son entrée dans les écoles publiques et est distribuée aux enfants pendant la récréation.

Des années plus tard, bye bye la briquette et place aux fontaines de lait installées en libre-service dans les cantines scolaires, jusqu’au collège.

Pourtant, cette « boisson santé », dont on a toujours vanté les qualités nutritionnelles, et notamment sa richesse en calcium, « idéale pour avoir des os solides », est sujette à bien des polémiques.

Selon Rodolphe Verissimo, naturopathe, « seul le lait maternel devrait être recommandé puisqu’il apporte tous les éléments essentiels à la bonne croissance du bébé. Même si le lait de vache participe lui aussi au développement du nourrisson, son terrain naturellement acide est à l’origine d’allergies et d’infections ORL. Chez l’adulte, ce terrain acide a même des conséquences néfastes sur les os. De nombreuses recherches médicales ont d’ailleurs relevé que les pays les plus touchés par les fractures, les polyarthrites et l’ostéo­porose étaient de gros consommateurs de lait… ».

Tiens donc !

Si les boissons végétales ne sub­viennent en aucun cas aux besoins des enfants de 0 à 2 ans et ne peuvent remplacer le lait d’origine animale, l’adulte, pour qui « les protéines et le calcium du lait sont difficilement assimilables », explique le naturopathe, appréciera volontiers la teneur en acide gras essentiels insaturés de ces boissons (bénéfiques au système cardio-vasculaire) ainsi que leur absence totale de lactose, le fameux sucre du lait à l’origine de ballonnements et de douleurs abdominales.

Pour Rodolphe Verissimo, « les boissons végétales, riches en nutriments, sont très bien assimilées par notre organisme. On peut donc y aller les yeux fermés ! ». À condition, comme toujours, de bien choisir sa bouteille et de lire avec attention les étiquettes.

boissons végétales

Le rayon « boissons végétales » passé au crible

Si l’offre a timidement commencé avec le soja, aujourd’hui elle explose (+ 3,4 % entre 2015 et 2016 selon une étude de Kantar Worldpanel).

Les nouvelles recettes vendues dans le commerce se multiplient, et les autorités de santé ont récemment recensé plus de 200 produits (aromatisés ou non) !

Malgré un prix élevé – de 1,54 € le litre pour une boisson au riz à 2,39 € pour une bouteille de lait d’amande, contre 0,90 € le litre de lait de vache en moyenne – et un pourcentage de matière sèche dépassant rarement les 10 % pour 90 % d’eau, ces boissons sont plutôt bien vues des naturopathes.

D’abord parce qu’elles contiennent moins de mauvaises graisses saturées (responsables, à haute dose, du cholestérol) que le lait de vache et qu’elles se digèrent sans problème.

D’autre part, parce qu’elles sont bien souvent enrichies en vitamines ou en calcium (via, la plupart du temps, l’ajout de lithotamne, une algue rouge à forte teneur en calcium) et que ce minéral serait ainsi deux fois mieux assimilable que celui du lait de vache.

Enfin, parce qu’à cela s’additionnent les qualités nutritionnelles propres à l’aliment mis en avant sur la bouteille. Là où l’on doit demeurer vigilant, en revanche, c’est sur l’ajout de sucre.

Les fruits oléagineux et les céréales sont naturellement sucrés, inutile, donc, d’en rajouter…


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boissons végétales

Et si on passait au fait-maison ?

Si l’on veut profiter au maximum des bienfaits de l’avoine, du chanvre ou de la noix de cajou, par exemple, rien ne vaut une boisson faite maison.

Pour ce faire, faites tremper 250 g de fruits à coques mondés, noix de macadamia, noisettes, amandes… (vous pouvez même mixer les trois) dans un bol d’eau pendant au moins 6 heures.

Cette étape va ramollir le fruit, faciliter son mixage et permettre le déclenchement d’une prégermination de celui-ci, ce qui le rendra plus digeste.

Égouttez, puis versez le tout dans le bol d’un blender.

Versez ensuite 70 cl d’eau de source, puis mixez jusqu’à l’obtention d’une texture lisse.

Filtrez la préparation à l’aide d’une passoire fine et versez-la dans une bouteille en verre avec, de préférence, un bouchon hermétique.

Au frais, ce breuvage ultra-nutritif se conserve 2 à 3 jours.

* La Cour de justice de l’Union européenne a interdit l’an dernier que l’on utilise la dénomination lait pour toute boisson autre que celles d’origine animale, excepté pour le lait d’amande et le lait de coco.

Boisson au soja, santé ou danger ?

Le soja est sujet à de nombreuses controverses, notamment en raison de sa teneur en phyto-œstrogènes.

Cette substance naturelle, dont la structure chimique est proche de celle des hormones féminines, peut moduler les réactions hormonales.

Pour ces raisons, le corps médical le déconseille aux femmes enceintes et aux bébés, mais reconnaît cependant qu’un verre de boisson au soja consommé chaque jour par les femmes ménopausées serait susceptible de faire diminuer leurs bouffées de chaleur.

Il est quand même préférable d’en parler à son médecin traitant en amont.

Texte : Maëva Terroy.

 

Frédéric Jean fait ses propres boissons végétales